Dictionnaire anatomie

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SYNDROME D'IMMUNODÉFICIENCE ACQUISE (SIDA)
Affection due au virus de l'immunodéficience humaine (VIH).
Le VIH est un virus contenant l'ARN et un groupe d'enzymes (transcriptase inverse et intégrase) qui permettent la formation de l'ADN à partir de l'ARN virale dans le cytoplasme de la cellule infectée. Cet ADN se mélange au matériel génétique nucléaire de la cellule.
Le virus affecte principalement les lymphocytes T helper ou collaborateurs (lymphocytes T-CD4) et les cellules phagocytaires (monocytes, macrophages et leurs dérivés). La cellule infectée finit par être détruite, libérant ainsi de nouvelles particules virales.
Les lymphocytes T collaborateurs sont chargés d'activer et de coordonner les autres cellules de la réponse immune, comme les lymphocytes B et les lymphocytes T cytotoxiques. C'est pourquoi leur destruction provoque de graves troubles du système immunitaire.
Deux virus responsables du sida ont été identifiés : le VIH-1 et le VIH-2. Le VIH-1 est le plus fréquent. Il se subdivise en deux groupes, le groupe M, plus fréquent dans le monde occidental, et le groupe O, plus courant en Afrique.
La transmission s'opère par contact sexuel, par voie sanguine (y compris lors d'échanges de seringues entre drogués contaminés), lors de transfusions sanguines ou de produits dérivés contaminés et de la mère à l'enfant lors de la grossesse (à travers le placenta), au moment de l'accouchement ou par le lait maternel.
? Symptomatologie
Il existe différentes phases :
* La primo infection clinique se manifeste entre 3 et 6 semaines après la contamination et coïncide avec une charge virale (particules dans le sang) élevée et une diminution du nombre de lymphocytes CD4. Au cours de cette phase, des manifestations non spécifiques, telles que de la fièvre, des céphalées, une pharyngite, une faiblesse, des douleurs musculaires et articulaires et des adénopathies (augmentation du volume des ganglions lymphatiques) peuvent être constatées. Ces symptômes disparaissent spontanément.
* Ensuite, une récupération partielle du nombre de lymphocytes CD4, associée à une diminution de la charge virale, intervient. Le patient entre alors dans une phase asymptomatique dont la durée peut varier (dix ans en moyenne). La lymphadénopathie généralisée persistante est définie comme la présence d'adénopathies supérieures à 1 cm pendant plus de trois mois, sans autre cause pouvant justifier leur apparition. Elle exprime les efforts du système immunitaire pour contenir le virus à l'intérieur des ganglions lymphatiques.
* Lors de la phase avancée, la diminution des lymphocytes CD4 et l'augmentation de la charge virale se produisent de manière accélérée. Au cours de cette phase, surviennent les infections dites opportunistes (infections déclenchées par des micro-organismes qui ne provoquent aucune maladie chez les personnes dont le système immunitaire est normal) et les néoplasies.
Les infections opportunistes typiques incluent les infections dues à des champignons, tels que la candidose (affection des muqueuses orale, vaginale, pharyngée) ou la méningite cryptococcale (due au Cryptococcus neoformans), à des parasites comme le Toxoplasma gondii (abcès cérébral) ou à des parasites intestinaux ou bactériens, comme la Salmonella, la Shigella, le Campylobacter (diarrhée prolongée), le Mycobacterium tuberculosis (tuberculose pulmonaire ou disséminée), à des virus comme le Cytomégalovirus (méningites, rétinites), l'Herpes, le virus Varicelle-zona, le virus Epstein-Barr, etc.
L'infection par le VIH est également associée à certains cancers comme les lymphomes, les tumeurs solides du col de l'utérus et de l'anus et le sarcome de Kaposi (lésions dues à la prolifération vasculaire sur la peau et les organes internes).
Le VIH peut produire directement des symptômes au niveau du système nerveux central, tels que des convulsions et un tableau de démence appelée encéphalopathie du VIH.
? Diagnostic
Le diagnostic est effectué au moyen de la détection d'anticorps contre le VIH. La technique Elisa (Enzyme-Linked Immunosorbent Assay, méthode de dosage immuno-enzymatique) permet de détecter les anticorps contre les antigènes du virus. Cette technique est utilisée comme premier test car, dans certains cas, elle peut donner un résultat positif en présence d'anticorps contre d'autres agents infectieux (faux positifs). Elle doit donc toujours être confirmée par un test plus spécifique tel que le test de Western Blot, qui permet de détecter les anticorps spécifiques du VIH.
Au cours de la période fenêtre, qui dure de quatre à huit semaines après la contamination, le patient infecté ne fabrique pas d'anticorps contre le VIH. Les tests précités donnent alors des résultats négatifs.
Dans ces cas-là, tout comme dans le cas de l'infection du nouveau-né, des tests permettant de détecter les antigènes viraux sont nécessaires, comme les techniques de PCR (réaction de polymérase en chaîne), qui permettent de détecter des séquences d'ADN viral présent dans les cellules mononucléaires du patient, et la technique de la charge virale, qui permet la détection de l'ARN viral dans le sang.
? Traitement
* En ce qui concerne le traitement spécifique contre l'infection par le VIH, on utilise des médicaments appelés antirétroviraux.
* À l'heure actuelle, on dispose de trois groupes de médicaments antirétroviraux qui agissent en interférant avec la formation de l'ADN viral, en activant ses enzymes ou en bloquant sa multiplication.
* Tous les médicaments ont des effets secondaires qui influent sur la tolérance du patient.
* Le traitement est défini lorsque le diagnostic est effectué au cours de la phase de primo infection, dans les cas d'exposition accidentelle du personnel de santé, de patients avec une infection symptomatique, présentant un nombre de lymphocytes T-CD4 inférieur à 500/ml ou une charge virale supérieure à 5 000 à 10 000 copies/ml.
* Le premier traitement consiste à associer les trois médicaments rétroviraux. L'objectif est de faire en sorte que la charge virale soit indétectable lors de la mesure des niveaux de l'ARN viral dans le sang.
* Les mesures générales incluent la vaccination contre le pneumocoque, la prophylaxie antituberculeuse et surtout la prophylaxie contre les infections opportunistes.